samedi, 11 avril 2009
Le 10 avril : Conférence de Philippe Juvin sur la Maladie d’Alzheimer
Le syndrome nommé il y a un siècle « vieillissement précoce » ou bien, il y a trente ans, « démence sénile » et qualifié aujourd’hui de « syndrome démentiel » englobe des maladies diverses, d’origines différentes : certaines sont des maladies vasculaires, mais la plus fréquente est la maladie d’Alzheimer.
La symptomatologie est donc comparable et commune à ces différentes pathologies au moins au début, car les signes sont frustes, peuvent tromper ; par conséquent une baisse des facultés cognitives, une perte de mémoire ou une désorientation fugace ne signent pas forcément le diagnostic d’Alzheimer.
Le diagnostic le plus habituel est celui de la maladie vasculaire, particulièrement fréquente chez des patients âgés ou bien plus simplement à risque (obésité, HTA mal équilibrée, diabète, tabagisme, éthylisme). Il s’agit d’une dégénérescence des fibrilles neuro-collagéniques qui enserrent les neurones et gênent leur fonctionnement. Il se produit parfois sur ces malades des micro accidents vasculaires cérébraux, qui peuvent passer plus ou moins inaperçus mais qui affectent à la longue leurs facultés intellectuelles et cognitives. Ces « vasculaires » sont facilement pris en charge : diminution des facteurs de risque, traitement de l’HTA, équilibration du diabète, régime pauvre en graisse d’origine animales, sevrage tabac et alcool..
Un diagnostic différentiel fréquent est la dépression. Cette maladie peut prendre la forme d’une absence aux réalités, d’une aboulie totale, souvent pas exprimée, pas consciente, et seulement traduite par une diminution voir une indifférence à l’environnement et la famille. Ce retrait total d u patient qui « s’éloigne » simule parfois une maladie d’Alzheimer.
Un autre diagnostic est celui d’une surdité qui, comme la dépression, isole le patient et l’exclut ; elle peut elle aussi brouiller les pistes ; il faut donc diagnostiquer et traiter ces troubles.
C’est dire l’intérêt des diagnostics différentiels : diagnostic vasculaire, diagnostic psychiatrique (dépression) diagnostic ORL (surdité).
Quant à la maladie d’Alzheimer, elle procède à une dégradation lente et inexorable, une altération des capacités cognitives du cerveau, perte de mémoire des faits récents avec conservation de la mémoire des faits anciens ; lentement se produisent une perte des capacités intellectuelles, une perte des facultés cognitives, une incapacité à trouver les mots, une dégradation des fonctions supérieures qui amputent le patient de toute sa vie, vie quotidienne, vie sociale, vie affective ; une fois les troubles installés, ces patients ont perdu les outils de l’existence. La société alors doit les assister
Les examens anatomo-pathologiques post mortem et les techniques d’imagerie sur des patients ont permis de mettre en évidence les « plaques amyloides » caractéristiques de la maladie d’Alzheimer : dépôt d’une proteine normalement présente dans l’organisme mais ici déposée en excès par plaques dans le cerveau.
Le traitement :
- Le traitement médicamenteux :
- Il existe actuellement un traitement qui ralentit l’évolution sans toutefois la stopper.
- Des résultats très encourageants ont été obtenus par l’administration de vaccins élaborés à partir de la substance amyloide pathognomonique de la maladie ; mais la survenue d’accidents graves a interrompu ces essais thérapeutiques ; toutefois, en raison des résultats prometteurs de cette technique, des travaux et de nouveaux essais sont en cours actuellement et cette piste reste exploitée. (plan Alzheimer)
- Autre piste : travaux sur des produits capables de « purifier » les plaques de substance amyloide. La découverte de l’activité sur la clearance des plaques par la vitamine B 3 est prometteuse.
En bref la recherche appliquée peut nous laisser espérer.
- Mais le traitement n’est pas seulement le « to cure » des anglais c’est aussi et autant le fameux « to care » : soigner et autant prendre soin, accompagner.
Cette maladie, qui atteint entre 400 000 personnes (statistique officielle) et 800 000 personnes (statistique de France-Alzheimer) en France actuellement requiert une mobilisation très importante des pouvoirs publics : formation des soignants, installation de centres de diagnostic précoce, prise en charge des patients et de leurs aidants, création d’accueils de jour ou d’accueils temporaires avec retour à domicile, procédures qui, en même temps qu’elles sont bénéfiques aux patients, sont « des structures de répit » destinées à éviter l’usure des aidants, et ainsi permettre le maintien du malade à son domicile. L’installation de la domotique, prévue dans le plan Alzheimer, est un des moyens qui s’ajoute à la facilitation du maintien dans leur environnement des patients atteints par la maladie.
Le tissu associatif est riche certes et les maisons de retraites médicalisées sont nombreuses. (La Garenne-Colombes comptera ainsi trois maisons médicalisées ),
Mais le plan Alzheimer dont la mission est de faire le point, préciser la cible, et trouver des solutions, ira plus loin. En effet, au-delà de l’organisation matérielle exigée par la nature de cette maladie qui crée la dépendance, s’impose à nous la dimension éthique et humaine de l’accompagnement, non seulement des malades mais aussi de leurs aidants -« aider les aidants »- dans l’attente et l’espoir de traitements efficaces ; car il est permis de penser et d’espérer que la recherche apportera dans l’avenir la solution thérapeutique.
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